Connaissez-vous l’histoire des bijoux berbères ?
Il est difficile, sauf pour un spécialiste chevronné, de dire tout de suite si un bijou berbère en argent est ancien ou pas. En effet, les motifs utilisés pour décorer les fibules, bracelets, boucles d’oreilles… ne varient presque pas au cours des siècles ?
Les bijoux berbères sont le témoin de l’histoire de ce peuple, une histoire de batailles contre les différents occupants. Les lourds bracelets d’argent étaient portés par les femmes même pour aller travailler aux champs, car ils leurs servaient aussi d’armes de défense. Imaginez donc un bras orné d’un très lourd bracelet et lancé à pleine force ? Cela suffisait pour défoncer un crâne, ou au moins assommer un agresseur !
Les femmes berbères ont toujours été richement parées, de bijoux en or pour celles qui appartenaient aux familles les plus riches, de bijoux en argent la plupart du temps.
On le voit sur de nombreuses gravures anciennes, et sur des photos des tout débuts de la colonisation, femmes parées de diadèmes, de lourdes chaînes en argent retenues par des fibules imposantes sur les deux épaules, de colliers qui couvrent presque entièrement la poitrine.
La Kahina, cette fameuse reine berbère dont l’histoire a ensuite été racontée par Gisèle Halimi devait ainsi apparaître à l’envahisseur arabe, les bras couverts de bracelets, les cheveux quasiment cachés par un diadème imposant (plusieurs penseurs disent que c’est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge et une des première reine guerrière de l’Histoire).
La décoration des bijoux berbères est quasiment exclusivement géométrique, et elle rappelle beaucoup celle des bijoux celtes. Celtes et berbères sont deux peuples dont l’histoire est essentiellement orale, et se relit plus facilement dans les objets archéologiques, les bijoux, justement, ou les poteries, que dans des textes souvent rédigés par les vainqueurs, les romains, ou les arabes.
Des volutes, ou au contraire des motifs très angulaires, triangles, lettres amazighes aux lignes coupées, se retrouvent à l’identique sur les bijoux, les amphores, les tapis berbères, du plus loin que l’histoire puisse remonter, à nos jours.
Et c’est cette permanence, au milieu de l’écoulement du temps, qui rend l’histoire précise des bijoux berbères si difficile à faire. Car les méthodes de travail n’ont pas beaucoup changé au cours des siècles. Les bijoux ont souvent été fondus, en période de vache maigres, puis ré-achetés, l’argent travaillé à nouveau, la femme parée de neuf, une fois que l’abondance revenait.
Il y a finalement très peu de différence entre les bijoux berbères que vous pouvez acheter par correspondance, et ceux que vous pouvez voir dans un musée. Et c’est un vrai plaisir de porter un bracelet ou un pendentif qui se rattache à une histoire aussi riche, plus que millénaire. Les bijoux de Tiznit se rattachent à la tradition berbère, mais ils peuvent être porté au quotidien, par une femme moderne, sans aucun problème.
